Le député déplore le recours au bâillon sur C-71

 Le député fédéral de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup Bernard Généreux dénonce vivement la décision du Parti libéral du Canada d’empêcher l’opposition de s’exprimer sur le projet de loi C-71 visant à réinstaurer un nouveau registre des armes à feu avant qu’il soit adopté en deuxième lecture.

Seulement une semaine après le dépôt en Chambre du projet de loi C-71, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a procédé le mardi 27 mars à l’adoption d’une motion d’attribution de temps, empêchant ainsi les membres de l’opposition de s’exprimer et de débattre de l’initiative voulant : réinstaurer un registre des armes à feu, imposer un nouveau fardeau administratif aux détaillants, exiger l’obtention d’autorisations téléphoniques pour transporter certaines armes restreintes en tout temps, et procéder au transfert de renseignements personnels sur les Québécois provenant de l’ancien registre aboli par les conservateurs en 2015.

Le député devait prendre parole à la Chambre des communes à 17h15 le mercredi 28 mars pour exprimer ses inquiétudes par rapport au projet de loi, mais il fut interrompu par les cloches convoquant l’ensemble des députés à procéder immédiatement au vote.

« La population de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup est composée de nombreux chasseurs et propriétaires responsables d’armes à feu, et ils comptent sur moi pour défendre leur réalité au sein du parlement canadien. Je reçois déjà du courrier depuis la semaine dernière venant de notre région, et le gouvernement Trudeau vient de m’empêcher de m’exprimer alors que je m’apprêtais à donner un discours sur le sujet » dénonce le député Bernard Généreux.

Pour sa part, Monsieur Généreux trouve insincère l’affirmation du ministre Ralph Goodale, qui indique que C-71 n’établira pas de nouveau registre fédéral, alors que les détaillants d’armes de toutes sortes, incluant les armes d’épaule servant à la chasse, devront conserver les détails de chaque transaction pendant une période de 20 ans, une période trois fois plus longue que celle de sept ans recommandée pour la rétention de dossiers relatifs à l’impôt.

Les libéraux nous disent qu’il n’y a pas de registre, alors qu’ils imposent un nouveau fardeau administratif aux détaillants qui devront noter un numéro de référence obtenu auprès du Directeur de l’enregistrement des armes à feu lorsqu’ils vérifient le permis de possession d’armes. À quoi sert un Directeur de l’enregistrement si ce n’est pas pour maintenir un registre? » demande Bernard Généreux.

Le député doute également de la sincérité du ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale, qui a indiqué lundi dernier que : « la façon de procéder sera simple et efficace. La GRC aura un centre d’appel ainsi qu’un portail en ligne fonctionnant en tout temps. La vérification ne prendra que de trois à cinq minutes. »

Monsieur Généreux souhaite rappeler que le vérificateur général à récemment blâmé l’Agence du revenu du Canada, dénonçant la difficulté qu’ont les Canadiens à rejoindre un agent au téléphone. Des temps d’attente élevés sont également constatés auprès d’autres agences gouvernementales, telles que Service Canada.

« Soyons réalistes – le temps d’attente ne se limitera pas à trois ou cinq minutes. Le citoyen honnête va se tanner d’attendre, et c’est sûr et certain que le criminel avec une arme illégale n’appellera pas la ligne 1-800 pour demander l’autorisation de la transporter! » s’exclame Bernard Généreux.

Le député a également des inquiétudes par rapport aux fichiers de l’ancien registre contenant les renseignements personnels de propriétaires d’armes du Québec que le gouvernement du Canada a l’intention de transférer au gouvernement provincial suite à l’adoption de C-71.

« Les fichiers contiennent des informations qui sont désuètes depuis plus d’une dizaine d’années! Je veux être assuré que les Québécois ne se retrouvent pas en situation où ils doivent prouver qu’ils n’ont réellement plus les armes figurant dans le vieux registre, sous peine d’amendes variant entre 500$ et 5000$ prévues par le nouveau Service d’immatriculation des armes à feu du Québec (SIAF) » indique-t-il.

Le député Généreux rappelle que l’ancien gouvernement conservateur a apporté des améliorations au système de justice canadien en exigeant des sentences d’emprisonnement minimales obligatoires pour les criminels ayant commis des délits avec des armes à feu, en plus de permettre aux juges d’imposer des sentences consécutives aux criminels ayant commis des meurtres multiples au premier degré.

« Les libéraux s’entêtent à défaire nos lois qui visaient de façon concrète les criminels dangereux utilisant des armes interdites, et ils préfèrent plutôt aller de l’avant avec un projet de loi précipité, qui ne va nuire qu’aux Canadiens honnêtes, incluant les nombreux chasseurs qui habitent notre région » conclut le député Bernard Généreux.